lundi 10 avril 2017

Jean-Stéphane Bron et l'Opéra de Paris

L'opéra au cinéma ce n'est pas nouveau, mais l'opéra sous l'oeil de la caméra de Jean-Stéphane Bron, si ! Après Cleveland versus Wall Street et L'expérience Blocher, le cinéaste vaudois nous guide à l'intérieur de cette grande institution qu'est l'Opéra de Paris - c'est d'ailleurs après avoir vu les deux films cités plus haut que le directeur Stéphane Lissner nouvellement nommé dans l'institution a finalement accepté la présence des caméras pendant tous ces longs mois. 

Filmer l'Opéra de Paris c'est comme vouloir saisir une micro-société regroupant plus de mille protagonistes, des professions et des nationalités différentes. Saisir tout le travail réalisé avant que le spectacle ne commence... que Jean-Stéphane Bron résume ainsi "J'ai filmé une utopie" dans un entretien réalisé quinze jours avant la sortie du film. 




Comme fil rouge, quelques personnages-clé décrits dans Culturbox : un jeune chanteur russe, membre de l'Académie, le directeur, Philippe Jordan...


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La bibliothèque vous propose un choix d'ouvrages parmi la multitude écrits sur le sujet et vous permet également de lire les deux pages consacrées au travail du réalisateur lausannois dans Le Temps de samedi dernier. Bonne lecture et bonne projection ! Le film sort en avant-première ce soir en présence du réalisateur. Sortie dans les salles mercredi 12 avril.

Disponibilité
Muriel

lundi 3 avril 2017

Music online : classical scores library

En 2017, la bibliothèque s'est abonnée à la base de données Music online : Classical scores library. Depuis les postes de la bibliothèque (in situ) et sur ceux du Réseau des bibliothèques genevoises, vous pouvez accéder à cette base contenant plusieurs milliers de partitions.

Parmi les différents produits proposés par l'éditeur Alexander Street, cette base est la plus grande en son genre et est une ressource pour les étudiants et musiciens s'intéressant au domaine de la musique classique. Elle contient plus de 51'000 titres - 90% étant encore sous droit d'auteur - pour environ 1,3 million de pages des plus importantes partitions en musique classique, du Moyen Age à l'époque contemporaine. On y trouve plus de 4'600 compositeurs, avec des incontournables tels Mozart ou Tchaikovsky, mais aussi des artistes actuels tels Kaija Saariaho, Peter Maxwell-Davies...

 
Certaines partitions existent bien évidemment déjà sous forme papier dans la collection de notre bibliothèque, mais pour la partie plus contemporaine par exemple, la base complète notre fonds de musique imprimée.

Il y a des accès par titres, genres musicaux, instruments, auteurs, éditeurs, périodes. La recherche est simple ou avancée et le résultat peut être affiné et trié. Il est possible d'imprimer les partitions.

Quelques exemples de partitions 

 
The Boulevard waltz : piano solo / Ann Carr-Boys. Ed. Wirripang, 2009
Valse écrite par une compositrice australienne en 2008 à l'occasion de ses 70 ans, évoquant les ambiances de Paris et les moments magiques de cette ville.






Chanson "re mi fa sol la" / Johannes Martini. A-R Ed., 1975
Musique médiévale à 3 voix, composée entre 1430 et 1497.

 

Quintet in G minor : for piano and string quartet / Jean Sibelius. Ed. W. Hansen, 2013
Partition complète de ce quintette composé en 1890. 
 







The Garland Encyclopedia of World Music

Chez le même éditeur et par le même biais, on accède également à The Garland encyclopedia of world music : une série de 10 volumes de référence en matière d'ethnomusicologie, avec enregistrements sonores à la clé.

Bonnes découvertes !

Fabienne

lundi 13 mars 2017

Clin d'oeil à Roby Seidel

En janvier 2014, un grand monsieur du monde de la musique genevoise et de Suisse romande nous quittait pour des cieux plus harmonieux. Roby Seidel n'est plus mais sa musique lui survit.

Pour preuve, le clin d'oeil musical que ses proches ont prévu de lui faire lors de deux concerts les 25 et 26 mars 2017 à la salle des fêtes des Avanchets. Ses compositions et arrangements seront interprétés, dans un répertoire moins connu que celui du big band, par une vingtaine de ses amis musiciens.


La bibliothèque s'associe à cet événement en mettant sur pied une exposition présentant, entre autres, partitions manuscrites et photographies. Du 14 mars au 28 avril 2017, également en divers clins d'oeil, vous pourrez découvrir le parcours de Roby Seidel depuis l'orchestre Hugues Bernay jusqu'aux Eagles Variety Big Band, mais aussi son passage remarqué et remarquable au Groupe Instrumental Romand.

Orchestre Hughes Bernay

Fonds Seidel

Cette exposition est l'occasion de mettre en avant et en valeur le fonds de partitions reçues à la bibliothèque suite au décès de Roby Seidel. Pour sa famille et ses proches, il était important que ses compositions et arrangements puissent être accessibles à tout un chacun et continuent d’être joués. La bibliothèque a donc reçu en donation l’ensemble des partitions manuscrites de Roby Seidel. Ce sont 804 titres, pour plus de 7 mètres linéaires, dans différents styles musicaux (jazz, chanson française, pop-rock…) qui enrichissent la collection de la bibliothèque. Les partitions originales sont consultables et, comme elles ont toutes été numérisées, des copies numériques peuvent être fournies sur demande. Le catalogue en ligne de la bibliothèque répertorie les titres de ce fonds et un inventaire plus détaillé est consultable à la bibliothèque. 



 My tailor is not rich, de Roby Seidel (XA 78 / 238)

Le fonds Roby Seidel, dont la qualité des arrangements ainsi que la précision des notations musicales sont à relever, est à la fois un reflet historique d’activités musicales de Suisse romande et un répertoire original digne d’intérêt pour des exécutions par des orchestres ou petits ensembles. Grâce à ce fonds de partitions, Roby Seidel nous laisse un bel héritage de son génial talent. 


Disponibilité

Fabienne

jeudi 23 février 2017

Atelier d'écoute samedi 4 mars 2017

Pour son troisième événement des Quatre saisons, la bibliothèque vous propose un atelier d'écoute musicale le samedi 4 mars 2017, animé par Claudio Chiacchiari, fondateur de Saisir le temps® et qui présente son travail ainsi : 
En musique, tout ne s’entend pas. Mais ce qui ne s’entend pas peut se voir.
Ensuite, on écoute mieux.
L’atelier révèle quelques trésors cachés dans la musique : signatures chiffrées,
initiales de l’être aimé, nombres bibliques, symétries, répétitions obstinées, proportions temporelles rendues harmonieuses par les puissances de deux ou par le nombre d’or…
À l’aide de jeux d’écoute et de partitions à voir, de Monteverdi à Bach et de Mozart à Bartók, l’atelier va et vient entre la pointe émergée et les structures immergées de l’iceberg musical.
 

Où est le miroir sur la partition ?

La question posée pour le canon de Schönberg est un exemple de l'écoute active développée au fil de l'atelier où les styles, les oeuvres nous conduiront du 16e siècle à nos jours. Le public sera guidé par Claudio Chiacchiari assis au piano ou proposant des versions choisies avec soin pour nous révéler ces Signes et nombres cachés - des partitions décodées !

Et, sans doute que l'une ou l'autre pièce de Purcell sera abordée !

 Funeral music of Queen Mary

Les ateliers de Saisir le temps® existent depuis 2004 et vous pouvez découvrir la diversité thématique, développée sous forme de cycles : Va-et-vient, Les maîtres des maîtres (Bach le maître des nombres, Beethoven le maître des sons, Debussy le maître des couleurs), Continuité - Discontinuité, Russe. D'autres ateliers développent un thème en une seule séance, comme celle consacrée à La nuit dans la musique qui a permis d'aborder les oeuvres de Lassus, Schubert, Chopin, Moussorgsky, Puccini, Strauss, Debussy, Ravel, Schönberg, Holst ou Varese.

L’atelier du 4 mars est accessible à toutes et tous et ne demande aucune connaissance musicale. L'inscription peut se faire par mail ou par téléphone.

Disponibilité
Muriel


jeudi 16 février 2017

Le mystère Sainte-Colombe

Depuis plus de vingt-cinq ans, au nom du compositeur de Sainte-Colombe, une seule image s'impose à nous, celle de Jean-Pierre Marielle incarnant le gambiste dans Tous les matins du monde d'Alain Corneau, réalisé d'après le roman Pascal Quignard - romancier dont certains livres ont un lien très fort avec la musique : La leçon de musique, plus tard de La haine de la musique mis en scène au Festival d'Avignon en 2014 sous le titre Il se trouve que les oreilles ont des paupières ou encore Le nom  sur le bout de la langue mis en musique par Michèle Reverdy.*

Pourtant le personnage de Sainte-Colombe reste entouré de mystère. Un nouvel achat à cataloguer en début d'année mit le doigt sur toutes les attributions fautives dans les différents catalogues professionnels !


Jean-Pierre Marielle dans le rôle de Sainte-Colombe


En 1991, à l'époque du film, on ne disposait pas encore des résultats musicologiques récents sur le compositeur. Les sources et pochettes de disques citaient alors souvent Le Parnasse français (1727) d'Evrard Titon du Tillete  (article sur Marin Marais) :


En 1992, Le Monde fait "la Une" avec un article révélateur ** sur l'identité de Sainte-Colombe signé Pierre Guillot : il serait Augustin Dautrecourt, musicien de Lyon. Un groupe de musicologues travaille dès la même année sur la musique de Sainte-Colombe. Jonathan Dunford est l'un d'eux et cite les sources et les attributions concernant le gambiste français dans l'Echo de la viole (1999). Les pièces de la main de Jean de Sainte Colombe, ou, Monsieur de Sainte Colombe père, sont les suivantes:

Recueil de Pièces pour Basse de Viole Seule,
Facsimile des manuscrits MS 9469 et MS 9469 (manuscrits Panmure) à la National Library of Scotland, Edimbourg, Genève : Editions Minkoff, 2003.

Recueil de Pièces pour Basse de Viole Seule
Facsimile du manuscrit M.3 de la Bibliothèque municipale de Tournus (manuscrit Tournus), Genève : Editions Minkoff, 1998.

Concerts à Deux Violes Esgales du Sieur de Sainte Colombe, 
Société Française de Musicologie, 1998.

Sainte Colombe le jeune, Five suites for solo bass viol, 
ed. Jonathan Dunford, Strasbourg: Les Cahiers du Tourdion, 1998.


Quant aux oeuvres de Sainte-Colombe le fils, elles ont été composées en Angleterre au début du XVIIIe siècle et sont regroupées dans un unique recueil, le manuscrit A27 de Durham. Il contient le Tombeau pour M. de Sainte-Colombe le père et et Six suites.


Tombeau des regrets de Sainte-Colombe père

Disponibilité

Muriel

* Le cycle sur Pascal Quignard a été réalisé en 2016 par France Culture traite de ces oeuvres-là.
** Le lien pointant sur l'article du Monde peut se lire in situ 

lundi 6 février 2017

L'idée d'Honegger

Les hommes vivent et meurent pour une idée, mais l'idée est immortelle.
On peut la poursuivre,
On peut la juger,
On peut l'interdire,
On peut la condamner à mort
Mais l'idée continue à vivre dans l'esprit des hommes. Elle est partout où existent côte à côte la misère et la lutte.
Elle surgit tantôt ici, tantôt là, elle poursuit son chemin à travers les siècles.
L'injustice tremble devant elle.
Aux opprimés elle indique la voie vers un avenir meilleur.
Celui en qui elle pénètre ne se sent plus isolé
Car au-dessus de tout est l'IDEE.

C'est sur ce texte introductif que commence le film d'animation intitulé L'idée, réalisé par Bertold Bartosch en 1934. Il est inspiré du livre de Frans Masereel "constitué de bois gravés, sans aucun commentaire [qui] raconte en quatre-vingt-trois images la naissance d'une idée visionnaire et comment celle-ci se diffuse, tour à tour traquée par les classes possédantes, suscitant la méfiance des prolétaires puis se répandant peu à peu sans limites grâce aux moyens techniques modernes et finissant par transformer le monde."


 

La musique de ce film de 25 minutes a été composée par Arthur Honegger, ayant à son actif 42 musiques de film écrites entre 1922 et 1951 - entre autres pour Marcel Pagnol - et restées dans l'oubli avant un regain d'intérêt dans les années 80. La bande-son, qui accompagne le film sans interruption, a été enregistrée avec Honegger lui-même à la direction de l'ensemble instrumental constitué de 13 solistes : ondes Martenot, flûte, clarinette, saxophone, basson, trompette, trombone, piano, quatuor à cordes et percussion.

Dans la préface de la partition éditée aux éditions Papillon, Jacques Tchamkerten explique que "sur le plan musical, il est clair que la structure même du film, et particulièrement l'absence de toute intervention parlée, laissait au compositeur une liberté appréciable pour développer sa partition. Ainsi, la musique se situe-t-elle en importance juste après l'image dont elle constitue, de facto, le soutien et le commentaire. De ce fait, Honegger écrit avec l'Idée l'une de ses musiques de film les plus originales et les plus élaborées."

Les ondes Martenot, inventées depuis peu lors de la composition de cette musique (1928) et appréciées par Honegger pour leur qualité expressive, symbolisent l'Idée elle-même avec le thème principal.

C'est un spécialiste des ondes Martenot, Jacques Tchamkerten lui-même, qui vous en dira plus sur le sujet et "exposera la manière dont le compositeur suisse Arthur Honegger a su repenser la structure de sa musique pour la mettre au service du cinéma" lors d'une conférence à Fonction Cinéma (à l'étage en-dessous de la bibliothèque !) le mardi 7 février 2017.


Fabienne

Disponibilité

lundi 16 janvier 2017

Vous connaissez Bachtrack ?

Commençons l'année par quelques chiffres. Le site Bachtrack qui existe depuis 2008, est "le site le plus important pour le référencement des concerts de musique classique à travers le monde". Il peut donc servir de guide pour aller écouter votre chef d'orchestre préféré ! Ayant suivi l'actualité au fil des mois, l'équipe de Bachtrack est à même de produire des statistiques en fin d'année telles que les oeuvres les plus jouées, celles qui dégringolent au classement, les époques ou les pays privilégiés par l'Asie : rien n'est laissé de côté, même pas les compositeurs dont on célébrait un jubilé. On apprend que Ginastera qui était au programme de notre premier événement Quatre saisons l'automne dernier, a été trois fois plus joué dans le monde qu'en 2013.

Pour cette année, il faudra donc s'attendre à une multitude d'événements pour le 150e anniversaire de la naissance d'Umberto Giordano. En effet, l'an dernier, il fut le compositeur d'opéra à avoir connu le plus grand regain d'intérêt depuis 2012.


Umberto Giordano à Montecatini avec sa femme Olga Spatz

L'année 2016 en chiffres montre aussi que les femmes compositrices ne sont pas - trop - loin du Top Ten : Saariaho, Gubaidulina respectivement en 17e et 22e place.

Enfin, Die Zauberflöte reste l'opéra le plus joué dans le monde... Les statistiques de la bibliothèque confirment ce choix, car c'est la partition qui arrive également en tête des prêts en musique classique avec Il tabarro de Puccini et le Veni Creator Spiritus de Jommeli. Les viennent ensuite sont : 4 canzoni polari de Berio, les Rumänische Volkstänze de Bartók, 25 tangos de Piazzolla et la Verklärte Nacht de Schönberg.

Pour les chiffres de 2017, c'est à vous de jouer !

Disponibilité
Muriel